Depuis 1996 et jusqu'en 2000 le locotracteur Y 7400
du club a assuré seul sans faillir le service du réseau de Portes, secondé par
l'arrivée de Constance il n'en a pas pour autant été mis à à l'écart. Très facile
à utiliser , il a été conduit par une grande quantité de conducteurs plus ou moins
expérimentés. Motorisé avec deux moteurs SEV Marchal de 300 Watts chacun il tracte une
rame de quatre wagons soit une quinzaine de passagers à la vitesse maximale de 10 km/h.
Alimenté par batteries 12 volts de 90 ampères heure, d'une autonomie de 3 à 4 heures
suivant la charge remorquée . Un seul bémol dans ce bilan positif c'est l'autonomie un
peu limitée des batteries automobile et leur durée de vie un peu faible engendrée par
une utilisation pour laquelle elles ne sont pas conçues. Cet inconvénient nous a conduit
à étudier une évolution faisant appel à un moteur thermique entraînant un alternateur
qui fournirait l'électricité nécessaire à la traction. Tout d'abord nous souhaitions
conserver la chaîne de traction existante et son mode de commande Ayant fait ses preuves
d'efficacité et de solidité depuis sept ans, son remplacement ne s'imposait absolument
pas .Il suffit de voir l'état mécanique de tout cet ensemble pour s'en convaincre .
Aucun point d'usure excessif , aucune dégradation ou mauvaise tenue n'ont été constaté
au démontage. Même les roulements d'origine ont été réutilisés , aucun ne "
grattait " ou ne " ronflait " ! La pignonnerie et les chaînes sont en
parfait état et l'électromécanique de commande aussi fraîche que sortie d 'usine .
Le moteur thermique:
Il a été choisi en fonction de critères bien précis. Pour des
raisons de niveau sonore de rendement et de facilité de démarrage le cycle à quatre
temps s'imposait. Sa puissance devait être suffisante mais sans excès et surtout son
encombrement ne devait en aucun cas modifier l'aspect général de l'engin .Il devait
impérativement rentrer dans la carrosserie actuelle tout en lui assurant un
refroidissement correct.

Après examen des modèles du marché notre choix s'est porté sur un
50cc Honda le GHX 50 développant 2,5 CV.. Le bilan de puissance de cet ensemble se devait
d'être bien évalué. En effet la puissance totale maximale des deux moteurs de traction
est de 600 watts. Le générateur électrique doit donc être capable de fournir cette
puissance même si elle n'est pas demandée en permanence.
Le générateur:
C'est un simple alternateur automobile neuf pouvant débiter 55
ampères sous 14 volts. Un régulateur électronique gère automatiquement le débit de
courant en fonction de la tension de la batterie à charger. Le groupe générateur a
été monté sur un châssis indépendant afin de faciliter d'éventuelles opérations de
maintenance .Le moteur a été directement boulonné sans plots élastiques .En effet son
équilibrage est si bien réalisé que les vibrations sont faibles. Il est accouplé à
l'alternateur à l'aide d'un cardan élastique JUBOFLEX qui absorbe tout mauvais
alignement pouvant aller jusqu'à 2 ou 3 millimètres ! L'échappement d'origine a été
conservé

et complété par une ligne de tubulures et silencieux réalisé
entièrement en, cuivre, l'échappement final se fait sous le châssis. Le niveau sonore
obtenu est très correct pour fonctionner dans un jardin public et les gaz sortent
pratiquement froids
Le démarreur électrique:
C'est un démarreur de moteur hors-bord. C'est un moteur Hitachi de 400
watts sous 12 volts qui assure le démarrage quasi instantané du GHX 50 .La transmission
est confiée à une petite courroie de 9 mm et la fonction d'enclenchement du mouvement à
une cage à rouleaux anti-retour, c'est un roulement à rouleaux cylindriques qui ne
tourne que dans un seul sens comme une roue libre de vélo. L'actionnement intempestif de
ce démarreur alors que le moteur tourne n'entraîne aucune détérioration. Le lanceur à
corde d'origine a été conservé comme moyen de secours , mais son utilisation oblige à
enlever la carrosserie pour y accéder.

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Le groupe générateur:
Il a été disposé sur l'arrière de l'engin de manière
à ce que le moteur thermique se retrouve au niveau de la cabine de conduite Celle ci
étant pourvue de fenêtres entièrement ouvertes l'air de refroidissement du moteur
pulsé par sa turbine s'évacue ainsi très facilement vers l'extérieur .De même
l'alternateur étant muni d'une turbine est efficacement refroidi .Le toit de la cabine
s'enlève pour accéder au réservoir d'essence situé sur le moteur.
Le pupitre de commande:
Il a été légèrement modifié par l'adjonction de
fonctions liées au moteur thermique et à l'alternateur Au centre le manipulateur de
traction/freinage / sens de marche a été conservé à sa place d'origine. En haut à
droite le voyant rouge/vert de contrôle de tension batterie.

En bas à droite le bouton du klaxon pneumatique En bas
à gauche les deux inters pour le contact général l'allumage des phares, le démarreur
et l'arrêt moteur . En haut à gauche un petit bouton poussoir lumineux assure une
fonction primordiale dans le bon fonctionnement de l'ensemble . Il s'agit du contrôle et
de la commande de l'excitation de l'alternateur qui permet de faciliter le lancement du
moteur " à vide ". Le départ du moteur s'effectuera donc alternateur non
excité. Dès qu'il aura son régime de croisière une brève impulsion sur ce bouton
lumineux lancera l'auto excitation et la charge débutera . Le bon fonctionnement est
matérialisé par l'extinction du bouton lumineux. En cas d'arrêt du moteur l' auto
excitation disparaît et le voyant se réallume .
Les essais :
L'alternateur est équipé d'un régulateur
électronique de charge qui ajuste au centième de seconde l'intensité de charge à la
tension de la batterie . Beaucoup plus rapide que son voisin de corvée le régulateur du
moteur, il ne laisse pas le temps à celui ci de monter en régime et il cale sans délai.

Donc dès que la tension batterie descend de quelques
dixièmes de volts sur un passage rapide des crans de traction , on risque de caler si le
régime moteur est trop bas. Pour pallier cet inconvénient il a fallu ajouter en série
entre l'alternateur et la batterie un gros redresseur au silicium de 100 ampères qui
introduit une chute de tension constante de 0,9 volts qui l'oblige à réagir avec un
temps de retard suffisant à la montée en régime du moteur. C'était gagné car
aussitôt notre montage réagissait parfaitement et la tension batterie se tenait dans des
valeurs parfaites quel que soit le courant demandé par la traction. Le petit moteur
encaissait parfaitement les variations de charge demandée pour autant qu'il soit
correctement accéléré .
Conduite en ligne de l'engin :
La façon de conduire avec cette motorisation réclame
une attention un peu plus soutenue dans l'effort demandé à l'engin. Le régime du moteur
thermique est là un excellent indicateur de traction car on perçoit bien mieux toutes
les variations de charge en fonction du profil de ligne . Cela permet également d'ajuster
plus finement son allure, mais si on est un peu
" dans la lune " en décollant moteur au ralenti une lourde rame la sanction est
immédiate , il cale !! Par contre en palier , lancé il est parfaitement possible de
rouler à peine accéléré avec une tonne derrière. Un des avantages de ce système est
que même en calant le moteur il est parfaitement possible de continuer à tractionner sur
la batterie, et tout en roulant (vive le démarreur !) de relancer le moteur sans
oublier de re exciter l'alternateur. La batterie autorise seule une autonomie de près
de deux heures et même en cas de panne sèche on peut rentrer un train en gare . De même
pour des manuvres en gare il n'est pas indispensable de faire tourner le moteur.
C'est magique ! un train qui roule moteur arrêté ! L'hypothèse de ce type de traction a
souvent été évoquée par des amateurs sans qu'il me soit donné d'avoir vu un engin
ainsi équipé. Cela est désormais chose faite et la démonstration de la viabilité de
ce choix technique original effectuée. Il ne reste qu'à voir sa tenue dans le temps.
Cela ne devrait pas poser de problèmes avant longtemps car le matériel utilisé est neuf
et utilisé en dessous de ses capacités maximales

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