
Comment construire une chaudière inox ?
Des trois
métaux les plus couramment utilisés pour la construction des chaudières lacier
inoxydable est celui dont lusage est le plus récent et souvent le plus controversé
, cette controverse étant souvent alimentée par des modélistes sensibles aux idées
reçues véhiculées par des « spécialistes ».
Depuis lorigine de la vapeur les chaudières ont été construites en cuivre, car ce
métal très ancien et bien connu se prêtait bien à cet usage. Fiable, stable, peu
oxydable par leau et la flamme, son assemblage par rivetage donnait satisfaction.
Puis les progrès de la métallurgie aidant, les chaudronniers ont utilisé lacier
doux toujours riveté, puis soudé dans certaines fabrications.
Des combinaisons cuivre/acier ont été effectuées pour améliorer les performances, mais
surtout pour limiter la corrosion de certaines parties des chaudières. Des milliers de
chaudières ont été construites en acier de par le monde.Toutes ont été confrontées
tôt ou tard à leur ennemi numéro 1 la rouille qui vient à bout de tout acier doux
soumis à leau et à la flamme.
Notre siècle a vu entre autres inestimables progrès lélaboration de ces aciers
alliés dit inoxydables que lon retrouve à lheure actuelle dans tous les
domaines de notre civilisation. Toutes les branches de lindustrie moderne utilisent
ces aciers . Les transports, l'alimentaire , le domestique , le nucléaire , la chimie ,
le médical , laéronautique , le spatial , lélectronique , et jen
oublie , font largement appel a ces inox dont il existe une multitude de nuances.
CLASSIFICATION
DES INOX :
- Rassurez vous je ne vais pas faire un cours de
métallurgie , je nen ai pas les compétences.Il faut savoir que les inox sont
regroupés en trois familles ce qui doit faire une bonne cinquantaine de
nuances ! !
- Les inox martensitiques:.Fortement
chargés en carbone ils sont utilisés en mécanique « lourde » pour leur
bonne résistance mécanique. Par exemple le Z20C13 aussi dénommé AlSi420 est un inox
martensitique avec 13% de chrome utilisé dans les arbres de turbines ou dans
lindustrie du pétrole .
- Les inox ferritiques tel le Z8C17:
. Ce sont des inox qui « prennent » laimant .Pour des raisons de
résistance mécanique après soudure il est déconseillé de les utiliser .Il est
préférable dutiliser les inox austénitiques qui représentent la troisième
famille des inox. Dans la classification AlSi ils sont répertoriés dans la série des
300 (304 ,309,316 etc ).
- Les inox austénitiques: Ils
comportent entre 16 et 25 % de chrome (C) entre 9 et 20 % de nickel (N) et peuvent
comporter 2 à 3 % de molybdène (D) et du titane (T). Leur taux de carbone varie de 0,02%
à 0,15%. La lettre L qui suit les appellations 304L ou 316L indique que nous sommes en
présence dun acier à bas taux de carbone (Low carbon) , ce qui est intéressant
pour nos applications vaporistes.En effet ces nuances résistent mieux que les autres à
la corrosion inter granulaire.
- Linox réfractaire :Avec
lequel nos grilles de foyer ont une durée de vie quasi illimitée.
Il sagit tout simplement des nuances 309S et 310S qui résistent à des
températures comprises entre 750° et 1100° suivant latmosphère à laquelle ils
sont soumis, (750° pour une atmosphère réductrice sulfureuse et 1100° pour une
atmosphère oxydante ).Cette plage de température est atteinte sans difficultés dans nos
foyers et la qualité aléatoire de nos charbons conduit à des combustions dont
latmosphère est mal définie.
APPROVISIONNEMENT :
- Bien évidemment les négociants en métaux
sont à même de vous fournir les nuances les plus courantes .Malheureusement les débits
sont rarement compatibles avec les quantités et les dimensions souhaitées. Les
dimensions de tubes dinox étant standardisées, il est illusoire de
sévertuer à rechercher une côte de tube inexistante. Dans ce cas il est plus sage
de faire rouler une tôle avec un résultat souvent médiocre , ou plus simplement
dadopter le diamètre de tube le plus voisin.
Labondance de lutilisation de linox dans lindustrie fait que de
nombreux récupérateurs métallurgiques disposent de chutes très intéressantes pour nos
usages. Bien sûr lidentification des nuances est plus difficile. Il faut savoir que
très souvent sur les tubes la nuance est indiquée en clair (Z3CN19/11 par exemple) et
que la présence dun petit aimant vous renseignera très rapidement.
Les inox 304L (Z3CN19/09) ou 316L (Z3CND17/11 02 ) sont très répandus et leur emploi
très correct pour nos chaudières.
Linox réfractaire est dune couleur foncée presque noire et légèrement
magnétique.
La quête systématique de tubes sans soudure est exagérée lors quon voit
les pressions auxquels résistent les tubes soudés
.
USINAGE :
- Bête noire des tourneurs/fraiseurs
,linox a la réputation dêtre une vacherie à travailler de part sa
diversité de comportement sous loutil. Il est à la fois tendre et résistant. Les
outils doivent être parfaitement affûtés avec de la coupe et de la dépouille comme
pour le laiton. Lemploi doutils au carbure est inutile si ce nest pour
une longévité accrue. Encore faut il quils soit affûtés de la même façon
quun outil ARS ou HSS .(gare à la casse de larrête de coupe !).
Les vitesses de coupe ne sont pas très élevées et la lubrification revêt ici toute son
importance.
En appliquant ces quelques principes on peut obtenir des états de surface poli-glace.
Le travail de formage de linox dune épaisseur supérieure à 2mm est une
opération un peu délicate quil vaut mieux éviter autant que possible .Que se soit
à chaud ou à froid linox se plie mal à moins de disposer dune
presse/plieuse de qualité et puissante. Le cisaillage ne s effectue
correctement quà la guillotine. Linox se comporte un peu comme de la tôle
bleue.
Une bonne disqueuse et une bonne scie à métaux sont encore à notre niveau les meilleurs
outils pour travailler linox.
Nous verrons plus loin que cette difficulté de formage nous conduira à modifier le
processus de fabrication dune chaudière de façon très intéressante.
SOUDAGE :
.
- Dans ce domaine également circule une idée
reçue qui veut que linox ne doit être soudé que sous atmosphère gazeuse . Les
six ou sept chaudières inox que jai soudé avec de classiques baguettes enrobées
prouvent dix ou douze ans après que la méthode est parfaitement valable. Elle est
surtout utilisable par le vaporiste moyen ne disposant que dun outillage moyen.
Il nest pas indispensable de disposer dun poste de soudure hyper sophistiqué
et puissant. On peu parfaitement faire du bon travail avec un poste ordinaire délivrant
au moins une centaine dampères avec des baguettes de 2,5mm pour de la tôle
comprise entre 2,5 et 3 mm. Les fabricants de baguettes mettent sur le marché des
produits dont la facilité demploi est déconcertante. Facilité damorçage et
stabilité de larc , excellente fusion du métal , cordon de belle qualité
,étanchéité parfaite si le travail est correct , détachement facile du laitier
(attention aux projections lors du refroidissement !) tout concours à un bon
résultat même pour un soudeur moyen. Seul inconvénient (il en faut un !)
les baguettes sont un peu plus onéreuses que des baguettes acier . De nombreuses marques
de qualité similaire sont disponibles , la nuance préférentielle et la plus couramment
proposée reste le 304L ou 316L .
Pour un bon résultat et une facilité dexécution il est préférable de toujours
travailler à plat en effectuant le cordon de la gauche vers la droite (ou vice versa pour
les gauchers). Il faut arriver à souder de la même façon que lon écrit ,
confortablement installé , avec des gestes naturels et doux.De même que de longues
heures décriture à la main finissent par altérer la qualité de celle ci, de
longues séances de soudure verront une dégradation de la qualité de vos cordons. Nous
ne sommes pas des professionnels de la soudure et la notion de rendement bien lointaine
pour nos activités . En ce qui me concerne , les opérations de soudure dune
chaudière sétalent sur deux ou trois jours tout en disposant dun poste à
courant continu de ma fabrication régulé électroniquement pouvant fondre des baguettes
de 4mm en permanence ! Les petits postes grand public du commerce munis de
disjoncteurs thermique sauront très judicieusement calmer votre éventuelle
ardeur ! !
Le travail a plat présente lavantage de ne réclamer quune intensité moyenne
que vous aurez eu le soin de régler auparavant sur des chutes. Avant toute soudure votre
baguette neuve devra être grattée sur la masse. Lamorçage doit être franc sans
collage, larc doit se maintenir sans difficulté et ne doit pas éclabousser sur les
cotés . Les tensions damorçage des baguettes inox sont quelquefois basses que les
baguettes acier. Le réglage de lintensité est primordial pour un bon travail a
plat. Il faut prendre le temps de le faire.
Larrêt de larc doit être instantané pour ne pas créer de cratère source
de micro fuites. La reprise du cordon doit seffectuer avec un bon recouvrement sur
larrêt précédent. Le marteau à piquer le laitier est inutile car le laitier
dinox saute tout seul parfois violemment aux yeux , lunettes impératives en plus du
masque pas trop foncé pour bien visualiser votre travail, pas trop clair non plus pour
une bonne protection.
La vitesse davance de votre cordon ne doit pas être trop rapide (erreur
fréquente !)Il faut laisser au métal le temps de sa fusion et de son dépôt
correct sur les pièces. Un millimètre à la seconde constitue une valeur moyenne
davance.
La baguette doit bien être positionnée sur la bissectrice de langle formé par les
pièces avec une inclinaison dans le sens de lavance de 30° environ. Il nest
pas utile de décrire des arabesques avec la baguette comme font certains. Un avancement
rectiligne et régulier est à privilégier .
Avant deffectuer un cordon définitif il est indispensable de pointer vos pièces ou
vos ensembles de pièces pour interdire tout déplacement relatif. Deux pièces
parfaitement à léquerre ne le seront plus une fois votre cordon réalisé si elles
ne sont pas pointées . La soudure fait « travailler » le métal , il faut en
tenir compte . Le pointage à la baguette inox est facilité par la qualité
damorçage de ces baguettes. Et si votre pointage nest pas bon, ne le cassez
pas comme pour une baguette acier.Premièrement il va casser difficilement , deuxièmement
vous allez tordre les bords de votre pièce.Il est de loin préférable de le scier ou de
le disquer et de pointer à coté.
ETANCHEITE DES
SOUDURES :
- Cest une des questions primordiales pour
une chaudière .Si vos cordons sont réguliers avec un dépôt de métal constant et
réparti sur les deux pièces ,si vos débuts et arrêts de cordons sont francs et sans
cratères avec des reprises de cordons correctes , vous avez toutes les chances de
navoir aucune fuite. Contrairement à la soudure sous argon qui peut présenter le
risque de faire des porosités , lexécution à la baguette vous mets pratiquement
à labri de cet inconvénient.
Pour être sûr de la qualité de vos soudures il faut les vérifier avec un moyen simple
et efficace. Lacquisition d'aérosols de révélation de fissures est un faible
investissement pour de nombreuses réalisations. La première est constituée par un
mouillant coloréqui va être pulvérisé sur lenvers du cordon . Après lavage de
lexcédent et séchage , le révélateur blanc va être pulvérisé de lautre
côté du cordon. Au bout de quelques instants une petite (ou grosse !) tache de
couleur va sétaler autour de la fuite même infime. Un petit coup de fraise lime au
bout dun flexible, un joli point darc dessus et le tour est joué. Une
nouvelle vérification sur le point nest pas inutile car il arrive que sous
leffet de larc la fuite se déplace sans se boucher.
Cette méthode de vérification est fiable et doit être utilisée tout au long de la
fabrication. Il ne faut pas oublier que certaines soudures deviendront inaccessibles par
la suite . Il ny a pas le droit à lerreur.Tout cordon doit être vérifié de
cette façon. Cela peut paraître fastidieux , mais à mon avis la qualité et la
sécurité sont à ce prix. Et vu les difficultés que la réglementation européenne nous
prépare, les vaporistes se doivent dêtre sérieux .
MEULAGE DES
SOUDURES :
- Cette opération est dans la mesure du
possible à éviter , car si vos cordons sont réguliers ils doivent rester en
létat. Toutefois si pour des raisons esthétiques vous êtes amené à meuler des
excédents de soudure, soyez prudents dans le maniement de la disqueuse ou du flexible. Et
systématiquement effectuez une vérification derrière. On ne sait jamais !
.
CONSTITUTION
GENERALE DUNE CHAUDIERE INOX :
- Très souvent lors de lexamen des plans
dune loco, je me suis rendu compte que les plans proposés pour la chaudière
étaient adaptés à une réalisation cuivre voire acier mais que la spécificité
dune réalisation inox était négligée.On a bien vu précédemment que le travail
de linox était moins facile que lacier doux. Je me suis donc efforcé
den tenir compte dans le processus de fabrication afin de me faciliter la tâche.
Cest ainsi que mes dernières chaudières (Virginia en 5 et 3,5 t Decauville
en 7 ) ont été construites avec succès.
Il est toujours préférable avec linox dassembler des formes simples pour
obtenir une forme complexe que de sévertuer à lobtenir par pliage roulage ou
cintrage.Il est toujours préférable de faire 10 cm de soudure correcte que
deffectuer 10 cm de pliage avec des moyens de fortune , les pliages mal faits
pouvant conduire à des faiblesses dans le métal.
LE FOYER :
- Un foyer de Decauville en U plié avec un ciel
renforcé par des fermes comme représenté ci après peut être avantageusement remplacé
par un arc de cercle sans fermes . La résistance à la pression sera bien meilleure et
labsence de fermes un simplification bien utile pour passer une commande de
régulateur. De plus le volume supplémentaire en partie haute du foyer est un facteur
damélioration de la combustion , et la surface accrue de la plaque tubulaire permet
de loger quelques tubes en plus dou une amélioration très sensible des
performances de la chaudière.
Bien sûr certains rétorquerons que ce ciel voûté sera plus souvent découvert par
manque deau quun ciel plat. La belle affaire ! !nous ne sommes pas
en présence dune chaudière cuivre brasée à largent ! notre chaudière
inox a une résistance au coup de feu bien supérieure et la présence dun plomb
fusible obligatoire avec le cuivre ne se justifie plus beaucoup avec linox. Dans ce
cas ce ne peut être quune source dennuis.
On peut également , comme je lavais déjà décrit dans lEscarbille
, installer des tubes deau entre le ciel du foyer et les côtés de ce foyer.
Soudés à 45 ° , leur nombre peut varier entre 6 et 10/12 suivant le diamètre des tubes
et la longueur du foyer. Résultat garanti davoir une chaudière qui donne du gaz
tant quon en veut !

VIROLE
PRINCIPALE :
- Comme expliqué précédemment lemploi
dun tube avec ou sans soudure est à privilégier par rapport à la tôle roulée.
Tout dépend des moyens et des exigences de chacun .Tout comme le foyer il vaut mieux
souder que rouler partiellement lenveloppe du foyer
-
-

On voit tout de suite que , du fait de cette décomposition différente des volumes et des
surfaces , on évite le fastidieux et quelquefois approximatif problème du roulage
partiel dune tôle dont lépaisseur ne sera jamais inférieure à 25/10 pour
les locos en 3,5 pouces. Rouler une tôle de 6mm sur 200mm de long en rayon de 100 mm
nest pas une mince affaire pour le vaporiste moyen. Découper à la disqueuse cette
même tôle ou tube de 6 mm devient très banal .
Le traçage de vos coupes devra être effectué avec soin avec un marqueur indélébile ou
mieux avec le stylo peinture utilisé en bureautique pour effectuer les corrections . On
en trouve actuellement dont la largeur de trait fait 5/10 .
(Une petite astuce en passant : pour réaliser de jolis filets de peinture rouges ou
jaunes sur vos locos , vous pouvez vider la peinture blanche dorigine du stylo et la
remplacer par de la peinture glycero de la couleur choisie . En respectant une dilution
correcte vous réaliserez de très jolis filets même au compas.)
Revenons à nos moutons ! Le traçage et la tronçonnage doivent être précis. Il
sagit de chaudronnerie et non pas dhorlogerie .Le millimètre est un ordre de
grandeur raisonnable. Au delà seul un bon soudeur rattrapera « le coup ». Un
chanfreinage sera effectué pour ménager la place de vos cordons de soudure.
PLAQUES
TUBULAIRES :
- Une bonne conception de ce que je nomme le
« plan de tubage » dune chaudière inox conditionne en grande partie son
bon fonctionnement ultérieur.On voit bien souvent des plans ou le nombre de tubes par
rapport à la surface disponible est ridicule.
Le jeu consiste à loger dans une surface donnée le plus grand nombre de tubes de la
dimension disponible. Le fait dadopter un ciel de foyer voûté augmente cette
surface de manière significative.
La contrainte principale est quune distance minimale de 3 millimètres doit
subsister entre deux tubes pour une bonne circulation de leau dans la chaudière. De
plus la soudure de ces tubes proches représente une difficulté que lutilisation
des cônes de protection permet de contourner. Cette méthode de soudage peut faire
sourire les professionnels , mais elle est très efficace pour les amateurs que nous
sommes , et cest le résultat qui compte ! !
La méthode pour faire un plan de tubage peut être manuelle sur la planche à dessin ou
mieux avec un petit logiciel de dessin sur lécran dun micro ordinateur. Cela
permet de disposer géométriquement le maximum de tubes sur la surface donnée avec les
contraintes de proximité définies. La combinaison de petits tubes et de gros tubes dans
lequel passera une éventuelle surchauffe permet dutiliser toute la place disponible
en fonction du dessin du foyer. Un simple calcul permettra de donner la surface de passage
des gaz qui ne devra jamais être inférieure au 1/6e de la surface de la
grille afin dassurer un tirage correct en toutes circonstances . Cela ne sera jamais
le cas en pratique.Les tubes employés seront de dimensions courantes dans
lindustrie. Le tube dun demi pouce (12,7 mm) intérieur convient pour
pratiquement du 3,5 au 7,1/4 .Les tubes de surchauffe de 27 permettent sans
problèmes deffectuer le demi tour dun tube de cuivre de 4/6 voire 6/8 .
Lépaisseur de ces tubes est le plus souvent de 2,2 mm ce qui peut paraître
préjudiciable à une bonne transmission de la chaleur .Rassurez vous , en réalité il
nen est rien , et si linox monte en température un peu moins vite que les
autres métaux , la transmission des calories seffectue tout aussi bien.
Utiliser des tubes fins est possible mais je ne le conseille pas car leur soudure à
larc est un peu plus délicate , les risques de rupture accrus avec des tubes longs
et leur usage napporte pas les bénéfices que lon pourrait en attendre.On
peut également dudgeonner les tubes avant de les souder. Cest ce que jai fait
pour deux des dernières chaudières réalisées. Disposant dun dudgeon pour les
tubes dun demi pouce , la combinaison des deux techniques dassemblage est
possible. Contrairement à ce que lon peut croire, même des tubes dinox de
2.2mm dépais peuvent être dudgeonnés sans difficultés. Simplement au lieu de
tourner le dudgeon à la main (cest long et fatigant !) jutilise une
petite perceuse sans fil avec un embout de 6,35mm . Linox se déforme bien gentiment
.

PROCESSUS DE
FABRICATION :
Il existe plusieurs façons de construire une chaudière suivant lordre des
opérations adopté. Celui que je vous propose a fait ses preuves et facilite bien le
travail.
Faisceau
tubulaire & foyer:
Découpe et perçage/fraisage
des plaques tubulaires (avant et arrière).
- Perçage du trou de la virole de sortie du
régulateur
- Coupe et mise à la longueur des tubes de
fumée
- Mise en place et dudgeonnage éventuel des
tubes.
- Soudure des tubes de fumée et vérification
des soudures.
- Soudure de la virole de sortie régulateur
- Découpe des plaques foyères droite gauche .
- Perçage des trous pour les tubes deau
éventuels.
- Découpe et soudure du cadre de la porte du
foyer.
- Découpe du ciel de foyer .
- Perçage des trous des tubes deau.
- Soudure complète du foyer (au besoin
recto/verso)
- Vérification des soudures.
- Alésage dans laxe pour mise en place
des tubes deau.Attention de ne pas positionner les tubes deau trop près de la
plaque tubulaire. Cela peut être gênant pour passer un écouvillon.
- Soudure des tubes deau et vérification.
Virole principale:
- Mise à la longueur et découpe /perçage de
tous les trous nécessaires.
- Découpe et soudure des côtés de la
chaudière munis des éventuelles viroles de chapelles ou dextraction des boues
soudées côté intérieur (cest plus joli !)
- Présentation et mise en place du faisceau
tubulaire/foyer dans la virole.
- Pointage par quatre points darc à 90°
au niveau de la plaque tubulaire avant , la soudure définitive sera effectuée bien
après.
- Découpe et soudure de la plaque inférieure
avant du foyer.
- Perçage et mise en place des entretoises
gauches/droites/avant.La soudure depuis lintérieur du foyer est un peu moins
facile, mais lexpérience de soudeur que vous avez acquis commence à faire la
différence. Ne multipliez pas inutilement le nombre dentretoises. Un rond de 4 ou 5
mm tous les 3 cm au quarré suffit dans la plupart des cas.
- Etude de lemplacement du régulateur
facilitée par laccessibilité.
- Positionnement du cadre du foyer et pointage
pour immobiliser le tout .
- Soudure de toutes les viroles utiles et de la
virole du dôme que lon aura soin de pointer très soigneusement pour éviter tout
voilage de la face usinée de plan de joint.
Façade arrière de la
chaudière:
- Découpe et ajustage soigné de cette pièce
.Cest sur cette partie que linévitable néophyte de service portera son
jugement « dexpert en soudure ». Cest la seule quil verra
facilement ! ! Autant quelle soit jolie. Les viroles seront soudées coté
intérieur et le cadre de la porte bien raccordé.
- Soudure de la face arrière. Pour des raisons
esthétiques cest la seule partie de la chaudière ou lon peut admettre de
meuler et polir les soudures. Ne pas oublier de les vérifier soigneusement !
Finition
- .
- A ce stade il convient de souder
définitivement le cadre du foyer et les fixations arrières de la chaudière.
- Il nous reste à ce moment là , à scier les
quatre points de la plaque tubulaire avant de façon à libérer une partie des
contraintes dues à toutes ces soudures , puis de souder définitivement cette plaque pour
fermer la chaudière.
- Notre chaudière est terminée.

La
chaudière de Constance en construction
LEPREUVE
HYDRAULIQUE :
- Il nest pas concevable de mettre en
service une chaudière qui na pas subi cette épreuve. Il y va de votre sécurité
et de celle des autres.A lheure actuelle et pour encore quelques temps la
réglementation française impose une épreuve officielle pour tout appareil évaporatoire
soumis à la pression dont le volume est supérieur à 24 litres.
Je dis pour quelque temps car la réglementation européenne que nous devrons respecter va
mettre notre activité dans une position difficile qui à terme risque de conduire à sa
disparition. Quel poids représentent un ou deux mille modélistes vaporistes dans une
Europe de deux ou trois cent millions dEuropéens ! ?
.En ce qui me concerne , je simplifie un peu les calculs . Je la monte à 20 bars , je
lexamine sous tous les angles à cette pression obtenue avec une pompe à eau . Je
redescend puis je remonte à cette pression plusieurs fois et je la laisse un bon moment
en observant laiguille du mano qui ne doit pas bouger.
QUE FAIRE
SI
- Votre chaudière fuit de façon importante .
Si vous prenez un jet deau dans les lunettes cest que la qualité de vos
soudures nest vraiment pas au « top ». Rien nest perdu !
Vidangez entièrement , meulez au flexible lendroit de la fuite pour bien dégager
celle ci .Eliminez bien les morceaux de laitier qui restent .Cest souvent là que
les fuites se cachent. Rechargez doucement sans excès de soudure. Et recommencez votre
épreuve.
- Votre chaudière présente des micro fuites ou
perlent de petites gouttes deau . Vous pouvez utiliser la méthode précédente ou
faire un traitement au silicate de soude dosé à 25%.
Entièrement remplie de cette solution , vous faites une chauffe légère (au chalumeau)
à faible pression (quelque centaines de grammes ) pour mettre la chaudière en
surpression. La solution va séchapper par la fuite en se vitrifiant progressivement
jusquà lobturer totalement. Suivant la taille de la fuite , lopération
peut prendre plus ou moins de temps , mais ça marche et cest fiable dans le temps.
Il ne faut pas oublier de vidanger et de bien rincer votre chaudière après ce
traitement. Dans le cas contraire vous risquez de faire du primage à la première
chauffe.
QUELQUES CONSEILS
EN VRAC
- Evitez de mettre des métaux différents dans
une chaudière .Des tubes en cuivre dans une construction inox napportent pas grand
chose si ce nest des ennuis .
La brasure à largent de linox est souvent plus délicate à bien réussir
quune soudure à larc. Si la température du métal est incorrecte ,il noircit
et la brasure ne « mouille » pas , et ce nest quune
brasure ! !
Une chaudière en inox doit être toute en inox y compris les viroles ou sa
visserie de fixation. En ne respectant pas ce principe on le regrette tôt ou tard, sauf
si on fait des dessus de cheminée .
Des nuances dinox différentes dans une chaudière ne sont pas pénalisantes à
priori. Dans le cas ou on ne peut faire autrement , veiller quand même à ce que ces
nuances soient proches dans leur composition et de la même famille ( par exemple du
Z2CN18/10 avec du Z3CN19/11 ) .
La construction inox est à la portée de nombreux vaporistes. Tentez le coup ! vous
ne le regretterez pas surtout si vous roulez beaucoup. Vous aurez des chaudières sans
problèmes pour longtemps , et après une centaine dheures de chauffe avec une eau
calcaire un verre dacide chlorhydrique vous rendra une chaudière impeccable .
Bien évidemment je suis à la disposition de tout Confrère en bute à un problème non
évoqué dans les précédentes pages .
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